Il s'agit simplement d'une malformation cardiaque mineure , qui peut concerner un adulte sur quatre. Cette malformation n'est pas considérée comme responsable d'accidents vasculaires cérébraux (AVC); malgré cela 40% des personnes qui sont victimes d'un AVC - alors qu'elles ne présentent pourtant aucun risque identifié - présentent cette anomalie. Etudiés depuis se nombreuses années,la cause et les effets des accidents vasculaires cérébraux, ont récemment fait l'actualité à travers un cas médical pour le moins singulier.
En Décembre 2007, une femme de 35 ans, originaire de l'Illinois a commencé à ressentir les symptômes d'une attaque lors d'une relation sexuelle. Ressentant un engourdissement d'un côté de son visage, présentant des troubles de l'élocution, et une faiblesse dans son bras gauche, elle a été admise dans un établissement hospitalierl et son état s'est aggravé dans les heures qui ont suivi. Un discours embrouillé, et une immobilité du bras gauche ont conduit les médecins à administrer en urgence un médicament thrombolytique (tPA, de l'anglais tissue-type plasminogen activator) afin de dissoudre le caillot bloqué dans le cerveau et de stopper ainsi l'évolution de l'AVC. Le traitement a été efficace et les symptomes ont presque complètement régressé dans les douze heures qui ont suivi le début du traitement.
L'amélioration fut immédiate, et les symptômes de l'ACV ont disparus dans les 12 heures qui ont suivies cette intervention.
Jose Biller, MD, Professeur et Président du Département de Neurologie à l'Université Loyola de Chicago était à la tête de l'équipe médicale qui a pris en charge cette patiente. Cette expérience a donné naissance à une publication dans le numéro de Septembre 2008 de la revue américaine Journal of Stroke and Cerebrovascular Diseases. Le médecin a d'abord étudié de manière approfondie ce cas clinique parce qu'il s'agissait d'une patiente en bonne santé, sans antécédent cardio-vasculaire, jeune, non-fumeuse, n'ayant jusqu'alors présenté aucune pathologie notable.
Les accidents vasculaires cérébraux déclenchés chez les jeunes par le sexe et/ou l'orgasme sont rares. Pourtant, les facteurs qui, dans ces situations, pourraient favoriser la survenue d'un AVC sont divers et non exceptionnels. En fait,pour qu'un risque d'AVC devienne important, il doit y avoir association à un moment donné de plusieurs facteurs de risque.
Pourquoi donc l'activité sexuelle a t'elle déclenché un AVC? La jeune patiente partageait une chose avec six autres personnes ayant présenté également un AVC: une petite ouverture entre les deux oreillettes cardiaques. Cette anomalie mineure, dénommée foramen ovale perméable (FOP) est trés fréquente, elle est présente chez vingt cinq pour cent des individus. Un FOP s'accompagne d'un passage de sang de l'oreillette droite vers l'oreillette gauche, directement donc vers le cerveau sans passage pulmonaire. La plupart des individus qui présentent un FOP l'ignorent et n'ont aucun symptôme, mais 40% des patients qui ont un AVC sans cause répertoriée présentent un FOP.
Pendant l'activité sexuelle et particulièrement au cours d'un orgasme, le passage du sang entre les oreillettes augmente brutalement. Mais ceci n'est pas suffisant pour déclencher un AVC. Il faut également qu'il y ait la présence dans la circulation veineuse d'un caillot sanguin, traversant le FOP et gagnant le cerveau où il provoque l'AVC. En l'absence de FOP, le caillot gagne le poumon où il se dissout.
Or, le Dr Biller a examiné soigneusement sa patiente et il a trouvé un caillot de sang dans une veine de sa jambe droite, démontrant ainsi la réalité de ce processus pathologique. La présence de ce caillot était trés probablement un effet secondaire de la prise par la jeune femme de contraceptifs oraux, bien connus pour engendrer un état
d'hypercoagulabilité.
La combinaison de trois circonstances fréquentes, l'activité sexuelle,la présence d'un FOP et la prise de contraceptifs, est donc responsable d'une situation d'urgence exceptionnelle, l'AVC, réclamant une hospitalisation et un traitement immédiats.
Les accidents vasculaires cérébraux affectent environ 150 000 français chaque année, 60 % d'entre eux gardant des séquelles invalidantes.
Nombre des personnes sauvées restent en effet lourdement handicapées, avec des paralysies partielles ou des fonctions cérébrales dégradées.
Les facteurs de risque qui favorisent la survenue des AVC sont bien connus : le tabagisme, surtout s'il est associé à la prise de contraceptifs oraux, l'hypertension artérielle et l'excès de mauvais cholestérol ou le diabète.
La moitié des AVC pourrait être évitée grâce à l'arrêt du tabac et un traitement adapté de ces maladies.
Les fumeursne sont pas les seuls à être concernés par les risques d'AVC, en effet, des chercheurs ont mis en exergue qu'en matière de
Tabac - Les conjoints de fumeurs courent un risque élevé d'accidents vasculaires cérébraux (AVC).
Jennifer Newell


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