Certaines personnes aiment vivre sur le fil du rasoir.
Prendre des risques inconscients, se droguer, boire trop d'alcool, être dépendant au jeu, marcher sur une corde suspendue entre les rues de la ville, ces casse-cou mettent leur vie en danger, et parfois se retrouvent dans des situations quelques peu inattendues.
Certains d'entre eux restent légendaires, comme Evel Knievel. Le Jour du Jour de l'An de l'année 1967, celui-ci avait sauté avec sa moto plus de cinquante mètres au-dessus de la célèbre Fontaine du César Palace à Las Vegas.
Personne ne savait au moment de ce spectacle flamboyant si Knievel allait perdre la vie ou être paralysé juqu'à la fin de ses jours. Knievel avait passé 29 jours dans le coma, et ses médecins avaient déclaré que son pronostic vital était en jeu.
Quand celui-ci était enfin revenu à la vie, il a annoncé au monde que non seulement il pouvait continuer à marcher, mais il allait bientôt lancer un autre défi, celui du Grand Canyon.
Knievel a poursuivi ses défis au risque de perdre la vie, jusqu'en mars 1981, dernier mois avant sa retraite.
Lors d'une partie de poker, les joueurs sont capables de miser des sommes d'argent inimaginables! Faisant parfois tapis, ils placent tout leurs jetons sur une seule main, au risque de "sauter" et perdre l'intégralité de leur argent.
Les millions de personnes qui ont suivis ces péripéties à travers le
monde chaque fois, se sont demandées quelle force ou folie poussent ces
gens à agir ainsi?
Aucun raisonnement ne peut expliquer pourquoi certaines personnes prennent des risques, mais les chercheurs de l'Université Vanderbilt de Nashville et du Albert Einstein College of Medicine de New York pensent qu'ils ont trouvé une raison biologique.
Cet état serait lié à la dopamine, un neurotransmetteur. Habituellement associée aux zones du plaisir dans le cerveau, la dopamine offre des sentiments de satisfaction et d'encouragement pour nous motiver et nous pousser à agir, notamment en matière d'alimentation et de sexualité.
Le mécanisme mettant en oeuvre la décision de prendre un risque et le même que celui de la dépendance à la drogue ou d'autres substances nocives pour la santé.
Des études précédentes menées sur des souris ont montré que les animaux qui sont plus susceptibles de prendre des risques et d'explorer de nouveaux domaines sont ceux qui ont le moins de récepteurs dopaminergiques, c'est-à-dire un plus petit nombre de contrôle sur les neurotransmetteurs, une diminution du nombre de signes indiquant au cerveau de cesser la production de dopamine lorsqu'elle est suffisante.
Pour savoir s'il en est de même sur les hommes, Zald David, professeur de psychologie et de psychiatrie de Vanderbilt, a étudié le cerveau de 34 hommes et femmes. Il leur a fourni un questionnaire destiné à comprendre leur tendance à rechercher des actions et des senstaions dangereuses. Leur cerveau a été scanné en utilisant une technique appelée tomographie par émission de positons (TEP), qui a permis de calculer le nombre de récepteurs de la dopamine pour chaque participant.
Les chercheurs ont constaté que ceux qui courent le plus de risques sont ceux dont le nombre de récepteurs qui inhibent la dopamine est faible dans le cerveau. L'excès de dopamine, prépare à prendre des risques de toute nature: dilapider l'argent, boire beaucoup d'alcool, rouler vite, prendre de la drogue.
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"Il s'agit d'une étude de cas dans laquelle les données sont claires et précises" confesse Zald "Les résultats étaient attendus et correspondent parfaitement à ceux qui ont été testés sur des animaux."
Les résultats de l'étude accréditent ainsi la théorie de la Zald qui expose que l'absence de neurotransmetteurs inhibiteurs de la dopamine chez les personnes qui prennent plus de risques provoque une sorte de pointe de dopamine à chaque fois qu'ils tentent une nouvelle expérience.
Ces pics de dopamine leurs permettent de se sentir bien et les encouragent à poursuivre la recherche de risques: généralement plus sensationnel.
Cette conduite traduit une forme de dépendance, ce qui explique pourquoi cette étude est capitale et doit inviter la recherche scientifique à aller plus loin.
Comprendre le mécanisme de la dépendance permettrait peut-être d'aider les personnes dépendantes à la drogue, l'alcool et autres comportements addictifs.
Retrouvez des conseils pour sortir de la dépendance, pour augmenter vos capacités mentales, explorer les mécanismes du cerveau, dans la rubrique Santé mentale


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