Le cancer du sein touche une femme sur huit en France (1), avec un risque particulier pour celles qui appartiennent à des familles dont plusieurs membres ont déjà été atteints par cette maladie. Nombreuses sont celles qui pensent être suffisamment informées, mais peut être ne connaissez vous pas les derniers développements la concernant.
Dans mon précédent article, j'ai évoqué comment dépister le risque de cancer du sein, et comment en discuter avec votre médecin. Il vous conseillera d'abord, et il insistera sur ce point, de pratiquer ce que l'on appelle l'auto-examen des seins (AES) ou auto-palpation. Cela vous permettra de déceler la plus petite des grosseurs qui auraient pu échapper à lui même ou aux tests de dépistage. En outre, il est important de le consulter une fois par an pour faire examiner vos seins.
Dès lors que vous ressentez une gêne ou détectez un changement dans la poitrine, vous devez impérativement et immédiatement le consulter .
Même en l'absence de douleurs , de gonflement, de signes cutanés, ou de toute grosseur mammaires, votre médecin vous prescrira certainement des tests de dépistage de routine. En France, des campagnes de dépistage systématique sont organisées et la réalisation d'une mammographie tous les deux ans, est recommandée dans la tranche d'âge 50-69 ans. alors que le bénéfice d'une telle procédure est controversé pour les femmes de 40 à 49 ans.
De plus, si vos seins ont la particularité d'être denses, votre médecin peut envisager de prescrire également une échographie , car il arrive parfois que la mammographie ne détecte pas les petits cancers cachés dans les tissus denses (ce que les ultra-sons permettent).
Demandez donc à votre médecin si vous faites partie des cas qui requièrent une mammographie régulière et si une échographie est également nécessaire.
S'agissant des informations dont vous n'avez pas encore peut être eu connaissance, sachez qu'il existe une technique de dépistage du cancer du sein par IRM (Imagerie par Résonance Magnétique).
Cet examen est réalisée aprés injection intraveineuse d'une petite quantité d'un produit de contraste. (ce dernier ne contient pas d'iode, de sorte que les personnes allergiques aux substances iodées utilisées lors d'examens sous rayons X ne doivent pas crqinndre de subir cet examen. Le marqueur utilisé contient du gadolinium (Gd) un élément de la famille des lanthanides). Aprés injection, la patiente allongée est introduite dans un long tunnel; elle est alors soumise à un puissant champ magnétique. L'examen est indolore et peut être répété si nécessaire.
Dans certains cas, l'IRM du sein permet de détecter des tumeurs minuscules de un à deux millimètres, invisibles à la mammographie. Ces deux techniques sont en fait sont complémentaires car elles donnent des images différentes.
Toutes les patientes doivent elles subir une IRM dans le cadre du dépistage du cancer du sein? Pas à l'heure actuelle. L'utilisation de cet examen est réservée à certaines patientes à risque, par exemple dans les cas d'antécédents familiaux de cancer du sein, ou lorsque votre médecin a trouvé que vous étiez porteuse d'une mutation du gène BRCA1 ou BRCA2, associée à une fréquence très élevée de cette tumeur. Il vous proposera alors un dépistage annuel par IRM. Celui ci commence généralement au moins 5 ans avant l'âge à partir duquel un des plus jeunes membres de votre famille a développé un cancer du sein.
Cette pratique s'applique également auprès des jeunes femmes âgées seulement de 20 ou 25 ans dans certaines familles.
Pour les femmes qui ont ressenti certains symptômes mammaires (douleurs, gonflements, épaississement, ou grosseur) et chez lesquelles aucun examen, (clinique, mammographie et échographie) n'a montré une anomalie, l'IRM du sein a toute sa place pour un diagnostic précoce.
Par ailleurs, l'IRM sera prescrite par votre médecin pour le suivi de l'évolution d'un cancer et de l'efficacité du traitement, ou pour vérifier l'absence de récidive dans le cadre des visites périodiques annuelles.
D'autres examens, comme la thermographie, ont été développés.
Toutefois, la thermographie n'a pas encore fait ses preuves en tant que test de dépistage exhaustif lors de plusieurs essais cliniques, et n'est pas systématiquement recommandée.
Des études sont en cours afin de déterminer si la mammographie numérique est préférable aux mammographies classiques qui utilisent des rayons-X.
L'utilisation de ces techniques par le médecin: échographie, mammographie, et/ou IRM , doit donner aujourd'hui aux patientes un sentiment de confiance dans l'efficacité du diagnostic du cancer mammaire. Ces tests permettent un diagnostic précoce, et confirment que le cancer du sein sera diagnostiqué dès les premiers stades: stade 0 (aucune infiltration dans le tissu mammaire) ou le stade 1 (infiltration localisée au niveau des lobules ou des canaux galactophores), sans atteinte ganglionnaire.
N'hésitez pas à demander à votre médecin toutes les précisions que vous jugerez utiles sur les tests de dépistage et assurez-vous d'avoir bien compris toutes les réponses,
Insistez bien sur toutes informations nécessaires à une bonne prise de décision afin d'éviter la prise en charge d'un cancer du sein à un stade déjà avancé.
1- Evolution de l'incidence du cancer du sein de 1980 à 2000
(Chiffres tiré du BEH n°41-42/2003 de l'INVS)


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