Le suicide assisté, encore appelé euthanasie active, se produit lorsqu'une personne qui souffre de douleur chronique intense ou d'une maladie incurable, décide de mettre fin à ses jours avec l'aide d'une autre personne.
C'est le cas lorsqu'un médecin prescrit des médicaments alors qu'il sait que le patient envisage de les utiliser pour mourir. Ou encore lorsqu'un médecin insère lui-même une aiguille intraveineuse dans le bras d'un patient, qui n'est autre qu'une injection mortelle.
Les États-Unis ont longtemps banni le suicide assisté, les personnes aidant des patients à mettre fin à leurs jours, commettent un homicide involontaire, et sont poursuivis par la justice pénale.
Durant de nombreuses années, les groupes politiques de droite ont tenté de changer les lois, mais sans succès jusqu'en 1994 lorsque les électeurs ont approuvé l'Oregon Death with Dignity Act autorisant le suicide assisté par un médecin.
Bien que l'acte eut été bloqué pendant trois ans par la critique qui soulevait l'inconstitutionnalité devant la Cour suprême des États-Unis, il fut finalement promulgué en 1997. Depuis lors, l'Oregon est le seul état dans le pays qui s'est battu afin de permettre le suicide assisté.
Le 5 Mars 2009, l'État de Washington promulguera l'Initiative 1000, qui permettra aux malades en phase terminale pour qui il reste moins de 6 mois à vivre de demander à leurs médecins une prescription afin de mettre fin à leur vie. A l'instar de la mesure dadoptée par l'Oregon, la Loi de Washington exigera que tout patient sollicitant un médicament mortel devra résider à Washington, être âgé d'au moins 18 ans, déclarée capable.
Deux médecins devront certifier qu'il reste six mois ou moins au patient à vivre. Le patient devra quant à lui établir deux demandes orales, quinze jours après, il devra soumettre une demande écrite en présence de deux témoins, dont l'un peut ne pas être un parent, un héritier, mais le médecin traitant, ou en relation avec l'établissement de santé où le patient est traité ou membre de l'ordre des médecins de l'Etat de Washington.
Les professionnels de santé devront rédiger une ordonnance pour distribuer les médicaments et doivent également déposer une copie de l'enregistrement au ministère de la Santé de l'État, nécessaire pour créer un rapport annuel sur la manière dont la loi est utilisée.
"Les médecins ne comprennent pas encore exactement comment fonctionne la loi", a déclaré le directeur exécutif Robb Miller.” "Chaque fois qu'il y a un manque de compréhension, on assiste à une certaine réticence".
Le Dr. Tom Preston, cardiologue à la retraite et membre du conseil d'administration de la Compassion and Choices, expose que de nombreux médecins hésitent à parler publiquement de leur position sur la question. Selon lui, beaucoup de médecins, approuvent le principe ou la ratio legis (esprit de la loi), en revanche pour des raisons sociales ou professionnelles, ils ne veulent pas être impliqués. Mais Preston pense qu' en raison de la nouvelle loi, les discussions portant sur la fin de vie entre les médecins et les patients vont augmenter et que le temps passant, de plus en plus de médecins qui n'ont pas d'opposition philosophique ou religieuse seront d'accord pour y participer. "Ce sera un changement culturel."
Barbara Lee Coombs, présidente de la Compassion and Choices, pense que les patients «ne sont pas suicidaires, ils ne veulent pas mourir, mais ils sont en train de mourir. Ils ont l'espoir de choisir la moins mauvaise façon"
Il ressort d'une décision de la Cour suprême américaine en date de l'année 2006 qu'il revient aux États de réglementer la pratique médicale, y compris l'aide au suicide. La Washington's Initiative 1000 a été adoptée par près de 60% des électeurs de l'État en Novembre 2008. En Décembre 2008, un juge du Montana a annulé une loi fédérale interdisant le suicide assisté par le médecin dans une décision portant sur une affaire impliquant un homme atteint d'un cancer en phase terminale.
Cette décision est actuellement pendante devant la Cour suprême du Montana. Dans le Montana, les médecins sont autorisés à prescrire, en attendant l'appel de la décision, mais parce qu'aucune procédure pour établir des rapports n'est prévue, il est impossible de savoir exactement ce qui et fait. Les législateurs de Californie ont présenté un projet de loi fondé sur le droit de l'Oregon en matière d'euthanasie. Le Compassion and choices a été introduit pour la première fois en 2005 et réintroduit en Février 2007, mais a été abandonné en Juin 2007.
Force est de souligner que la loi sur le droit de "mourir dans la dignité" est très controversée, car elle n'est pas sans soulever moults questions d'éthique. Les partisans de la loi estiment que les individus doivent être en mesure de contrôler le moment et les circonstances de leur mort. Certains prétendent activement que causer sa propre mort n'est pas différent du refus de sauver des vies.
Le Dr. Robert Thompson, interne et cardiologue au Sweden Medical Center à Seattle, qui a voté favorablement à cette mesure, énonce que, durant ses 32 années de pratique, il a traité des patients qui ont bénéficié de cette loi. Et de rajouter: "Je pense que pour des raisons de compassion, et pour les droits individuels d'une personne, ceci devrait constituer une option".
D'autre part, les opposants craignent que les patients vulnérables s'imposent l'aide au suicide pour alléger la charge financière de leurs soins. Certains font également valoir que les six mois diagnostiqués ne sont jamais une certitude, et qu'à ce titre offrir la possibilité de se suicider est contraire à l'éthique.
Le Dr. Stu Farber, directeur du service de soins palliatifs à l'Université de Washington Medical Center, a voté contre la mesure et n'envisage pas pour l'instant de prescrire des médicaments létaux à ses patients. "Je ne suis pas ici pour dire aux gens comment vivre leur vie ou leur fin de vie», a dit Farber. «Il y a peut-être une histoire après, dans l'avenir, qui est tellement évidente que je voudrais peut-être écrire une prescription."
Actuellement, le suicide assisté est autorisé seulement dans trois pays aux côtés de l'Oregon et de Washington: les Pays-Bas, la Belgique et la Suisse.
Retrouvez la problématique de la fin de vie en France et en Europe sous l'oeil de notre expert en droit de la santé et de la biomédecine, Olivier Sigman, Vice-président de l'Université paris descartes


Health News
Salute Magazine
健康新闻

