À la mi-février 2008 l'American College of Physicians (ACP), le deuxième plus grand groupe de médecins aux Etats-Unis, a publié une déclaration demandant instamment que la question de la consommation de marijuana par les patients atteints de certaines maladies, soit réexaminée par le gouvernement américain.
Actuellement, certains Etats, comme le Montana, l'Oregon, l'Alaska, la Californie, le Colorado, Hawaï, le Nevada, Washington, le Maine, et le Vermont, ont adopté des lois destinées à réglementer l'utilisation de marijuana à des fins médicales. Ann Arbor, le Michigan, la Colombie, ainsi que le Missouri ont quant à eux fait appel à des mesures locales pour règlementer l'usage de la marijuana.
Le gouvernement fédéral dispose toujours aujourd'hui de liste de marijuana jugée illégale, sans distinction en fonction de forme, ne même des fins auxquelles elle est utilisée. La Cour suprême des États-Unis s'est prononcée contre l'utilisation de la marijuana médicale en précisant que les agents fédéraux peuvent arrêter toute personne qui utilise des plantes ou de la marijuana, alors que les professionnels de la santé s'écrient que l'utilisation de la plante pourrait être bénéfique.
Le groupe d'expert explique que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier les effets thérapeutiques de la marijuana et déterminer des doses standard ainsi que le mode de délivrance. Un ingrédient actif a été isolé à partir de la marijuana par l'industrie de la drogue et a fait ses preuves en tant qu'instrument efficace anti-douleur. La déclaration se lit ACP "L'ACP encourage le recours à des formes non fumées de tétrahydrocannabinol (THC), le principal élément psychoactif de la marijuana), qui ont prouvé la valeur thérapeutique». Des recherches additionnelles ne seront pas possibles sans l'appui du gouvernement américain, et selon le groupe de médecins, le gouvernement adopte une attitude qui tend à décourager la recherche sur la marijuana à usage médical.
La marijuana fait partie de la famille du chanvre et n'était pas illégale aux États-Unis jusqu'à l'adoption le 2 août 1937 du « Marijuana Tax Act ». L'histoire rapporte que cette frénésie s'est répandue aux Etats-Unis pendant et après la grande dépression et que le texte n'avait pas rendu illégales la consommation et la culture du cannabis, mais avait mis en place une taxe destinée aux prescripteurs et aux différents acteurs de production. La loi n'établit aucune différence et s'applique à tous les produits provenant du chanvre, pas seulement la variété de chanvre euphorisante. Suite à l'entrée en vigueur de cette loi, les citoyens ont donc perdu la disponibilité de nombreux produits connexes au chanvre.
La marijuana étant une variété du chanvre présente également des propriétés enivrantes. Tout comme l'opium. La morphine et la codéine, qui sont largement utilisées pour contrôler la douleur, sont des dérivés de l'opium. Tant la codéine que la morphine sont utilisées après une intervention chirurgicale, et régulièrement prescrites par les médecins pour calmer la douleur. Comme cela a pu être suggéré par beaucoup, l'absence de législation en matière de marijuana médicale est plus une question qui a trait à l'ordre politique qu'à la santé.
La marijuana peut ne pas se révéler être plus efficace à des fins médicales que d'autres substances, mais les recherches doivent être autorisées afin de prouver ou dénier clairement sa valeur, plusieurs associations militent en ce sens, dont l'Association internationale pour le cannabis médical (IACM), qui est composé de médecins venus de tous horizons.
La vague de souplesse caractérisant certains de nos voisins européens (comme les Pays-Bas, la Belgique et le Royaume-Uni) et d'autres pays hors union-européenne autorisant l'usage médical de la marijuana (comme la Suisse, le Canada), n'a pas gagné la France, qui rejette la notion de marijuana à des fins thérapeutiques et intègre le tétrahydrocannabinol à la liste des substances classées comme stupéfiants fixée par Arrêté du 22 février 1990 du Ministère de la Santé.
La législation du vieux continent n'appréhende la marijuana qu'à l'occasion d'un régime répressif relatif au trafic de stupéfiant défini aux articles 222-34 et suivants du Code pénal. L'article L.222-35 du Code pénal punissant notamment la production ou la fabrication illicites de stupéfiants de vingt ans de réclusion criminelle et prévoit une amende de 750 0000 euros d'amende. Et c'est en envisageant la commission de cette infraction en bande organisée, que le législateur français va jusqu'à ajouter une peine de trente ans de réclusion criminelle en sus de cette amende.
Neomi Heroux et Shana Maniante


Health News
Salute Magazine
Новости Здоровья

