La Fécondation in Vitro peut elle être accompagnée efficacement par l'acupûncture traditionnelle ? C'est que que cherche à savoir une étude publiée notamment par les chercheurs de l'école de médecine de l'université du Maryland aux Etats-Unis et par l'université VU d'Amsterdam. Cette étude s'est penchée sur sept précédentes recherches menées sur 1.366 femmes ayant eu recours à la fécondation in vitro (FIV) aux Etats-Unis, en Australie et au Danemark.
La fécondation in vitro permet de créer un embryon humain en mettant en contact le sperme d'un l'homme et les ovocytes d'une femme dans des boites stériles. L'embryon créé est ensuite placé dans l'utérus d'une femme.
Certaines des femmes examinées avaient accompagné la fécondation in vitro d'un
traitement par acupuncture classique. D'autres ont pratiqué la FIV seule ou
doublée de perforations sur un mode
factice (« sham » acupuncture). L'acupuncture factice consiste à placer
des aiguilles dans des endroits réputés inéfficaces.
Sur les sept études, trois ont trouvé que l'acupuncture traditionnelle était
bénéfique, trois autres ont révélé une simple tendance au bénéfice et une
dernière étude n'a pas trouvé de réel bénéfice. Toutefois, en envisageant de
façon globale les sept études, l'équipe de recherche a conclu que les chances
de concevoir ont significativement augmenté chez les femmes ayant été sujettes
à l'acupuncture classique.
Selon Eric
Manheimer, responsable de cette édude, « accompagner le processus de transfert de l'embryon à l'aide de l'acupuncture
semble accroître les chances d'être enceinte de 65% par rapport à l'absence d'adjuvant
ou à la pratique de l'acupuncture factice. »
Bien que la relation entre l'acupuncture et le taux de réussite de l'acupuncture
ne soit pas clairement définie, Manheimer avance sa propre théorie. Dans une
dépêche de l'agence de presse américaine Associated Press, il affirme qu'en
matière de traitement de la fertilité, « l'acupuncture est réputée
accroître l'afflux de sang dans l'utérus, détendre le cervix (col de l'uterus) et diminuer les hormones du stress qui rendent difficile l'implantation
de l'embryon. »
Le traitement par acupuncture coûte environ 300 euros pour deux sessions par semaine, les patientes optant
habituellement pour un traitement sur trois mois. En sachant que le coût d'une
FIV est elevé et que 15 pour cent des couples sont à la recherche d'un
traitement de l'infertilité, les médecins et les patients continuent de
chercher des voies pour améliorer le taux de réussite du traitement. « Le
coût de la FIV revient à près de 8.000€ par tentative, par conséquent, tout
traitement qui améliore l'efficacité d'une FIV est une économie d'argent substancielle à long terme » ajoute Manheimer.
Alors que certains experts de la fertilité accueillent cette nouvelle étude
avec enthousiasme tout en espérant que les traitements par acupuncture pourrait
un jour être utile en tant que méthode complémentaire à la FIV, d'autres
restent sceptiques.
Selon le professeur Edzard Ernst, de l'école de médecine « Peninsula » à l'université de Plymouth au Royaume Uni : « D'un premier abord, ces résultats sembles formidables. Je reste toutefois très prudent tant que les effets observés pourraient être dus à une réponse placébo. La FIV ne semble pas sujette aux effets placebo, mais elle pourrait l'être : si les femmes attendent que ce procédé soit d'une quelconque utilité, elle seront plus relaxées, ce qui affectera le taux de grossesse. » a-t-il expliqué le 8 février 2008 sur la radio BBC News.
Un autre sceptique, le Docteur Norbert Gleicher, président du Centre pour la Reproduction Humaine aux Etats-Unis, affirme qu'il n'a encore « pas trouvé cette publication scientifique convainquante . »
Selon le
Docteur Ralph Kazer, responsable de l'
endocrinologie reproductive à l'école de médecine Feinberg de l'université Northwestern,
« aucune de ces études, dont cette nouvelle publication, n'est définitive.
Le but est de déterminer si le placement des aiguilles fait la différence ou si
la thérapie fonctionne parce que les femmes y croient. »
L'acupuncture est un art de soigner originaire de Chine. Elle existe depuis des
milliers d'années. Cette technique reste controversée, beaucoup de spécialistes
ne l'associent pas à un traitement médical. Tandis que cette étude n'apporte
rien de définitif sur l'efficacité de l'acupuncture dans le cas de la FIV, des
études précédentes ont montré qu'elle pouvait l'être dans le traitement d'autres
maux comme les nausées matinales et des douleurs de la ceinture pelvienne
durant la grossesse.
L'étude dirigée par le Docteur Manheimer a été financée par l'agence
américaine de la recherche scientifique pour la médecine alternative et complémentaire
("National Center for Complementary and Alternative Medicine"). Elle a été
publiée en février 2008 dans le BMJ (British Medical Journal).


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