En matière de contraception, si tout le monde connait bien le préservatif ou bien le coït interrompu, la vasectomie est quant à elle encore méconnue. Pourtant, cette méthode contraceptive existe depuis plus de deux siècles, elle est même banalisée dans certains pays, notamment aux Etats-Unis.
Malgré l’évolution des mentalités, la contraception reste encore trop souvent une affaire de femmes. Pourtant le terme est défini dans le lexique comme : « l’emploi volontaire de moyens ou de techniques (par la femme ou par l'homme) pour empêcher que les rapports sexuels n'entraînent une grossesse ; l'ensemble de ces moyens et de ces techniques. » La vasectomie est une méthode contraceptive encore mal connue en France. Et pour cause, la législation n’autorise la vasectomie à des fins contraceptives seulement depuis 2001. Sans doute parcequ’elle peut être vécue par de nombreux hommes comme une castration, elle est encore taboue et peu employée.
Il ne s’agit pourtant pas d’une mutilation, cela consiste à empêcher La présence des spermatozoïdes dans le liquide séminal. Le liquide séminal est constitué de plusieurs substances produites par les vésicules séminales et la prostate. Le sperme ne représente qu’une petite partie de l’éjaculation, environ 1%. Les spermatozoïdes produits par les testicules sont stockés dans l'épididyme. Au moment de l’éjaculation, ils rejoignent le reste du liquide séminal par les canaux déférents.
La vasectomie consiste donc à empêcher l’accès des spermatozoïdes à ce liquide. En sectionnant les canaux déférents sur quelques millimètres, le passage est bloqué, rendant ainsi la fécondation impossible. La question revient souvent : que deviennent les spermatozoïdes s’ils ne peuvent plus quitter l’épididyme ? Comme toutes les cellules leur durée de vie est limitée et comme cela arrive lors de longues périodes d’abstinence, ils seront normalement absorbés par l’organisme. Les glandes séminales et la prostate continuent à produire le liquide spermatique, ainsi le volume de liquide éjaculé reste identique.
Généralement l’intervention chirurgicale est réalisée en ambulatoire, sous anesthésie locale. C'est une intervention bénigne, dont les suites sont habituellement simples et peu douloureuses. Néanmoins en raison des meurtrissures de la peau au niveau des incisions, quelques petits désagréments bénins peuvent survenir. Suite à l’intervention, la stérilité n’est pas immédiate, des spermatozoïdes peuvent persister dans le liquide spermatique. Il faut donc continuer à employer d’autres moyens de contraception jusqu’à ce qu’un spermogramme révèle l’absence de spermatozoïdes vivants.
Bien qu’il soit possible d’inverser le processus, l’opération est considérée comme irréversible. En effet, le taux de réussite visant à réparer les canaux déférents est à ce jour assez faible. Aussi, la décision ne se prend pas à la légère et la loi prévoit un délai de réflexion de quatre mois après la prise de décision.


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