Les quolibets à l’école, mal dans sa peau, outre les aspects psychiques, l’obésité expose les enfants à d’importants troubles pour la santé. Revenons sur ce problème de santé publique majeur qui touche aujourd’hui de plus en plus d’enfants en France
L’obésité infantile en France
Il ne s’agit pas "de faire l’apologie de la minceur mais de permettre de dépister précocement des enfants à risque d’obésité ou présentant déjà une obésité modérée qui ne serait pas évidente au simple regard."
En effet les pédiatres de villes constatent une recrudescence des problèmes de surpoids chez l’enfant.
Tandis qu’en 1960 la prévalence de l’obésité infantile était de 3%, elle atteint aujourd’hui 15% en moyenne. Le nombre d’enfants obèses aurait doublé ces dix dernières années, aujourd’hui, en France, plus d’un enfant sur six est touché par cette pathologie.
Les problèmes de poids peuvent survenir dés la deuxième année, mais les plus exposés ont entre 7 et 12 ans. Quelque soit la tranche d’âge, les filles et les garçons sont également touchés. La disparité est régionale : tandis que la Corse affiche plus de 22% les Pays de Loire se situent à 10,6% avec une moyenne nationale de l’obésité infantile de 15%.
Si les États Unis sont souvent mis à l’index pour les problèmes d’obésité, il semblerait que depuis 1997 la France ait atteint un rythme de progression comparable (de 5% de plus par an). Si ce taux de croissance inquiétant se maintenait, la France pourrait approcher le chiffre record des États-Unis d’ici une quinzaine d’années.
Terrains favorables
Ce rythme de progression important est enregistré dans d’autres pays industrialisés. Mais pas seulement puisque des chiffres comparables sont également annoncés dans certains pays en voie de développement comme le Brésil. Ainsi, plutôt que de s’attacher au mode de vie occidental, il est plus pertinent de prendre le problème sous l’angle de l’accès facilité à l’alimentation énergétique et bon marché lié à la mondialisation. Sans toutefois négliger les conséquences d’un mode de vie sédentarisé et la diminution de l’activité physique en milieu urbain.
Outre ces aspects liés au mode vie, les facteurs génétiques ne sont pas négligeables. Selon une enquête épidémiologique sur l’obésité et le surpoids en France (Obepi – rapport INSERM et institut Roche, 2000) le risque de devenir obèse serait multiplié par 4 chez un enfant dont un des parents est obèse et par 8 si les deux parents sont atteints.
L’indice de corpulence ou IMC
C’est souvent très tardivement, entre 7 et 12 ans que l’entourage prend conscience du problème.
Parce que les problèmes de surpoids ne sont pas faciles à déceler au départ, les pédiatres à l’origine de cette journée estiment qu’il est primordial de sensibiliser et prévenir. L’établissement et le suivi par le pédiatre de l’indice de corpulence permet de déceler très rapidement une propension aux problèmes de surpoids. Depuis 1995, le ministère de la Santé et L’OMS (Organisation mondiale de la santé) ont décidé d’intégrer dans le Carnet de Santé les courbes de corpulence ou IMC (indice de masse corporelle). Selon la taille et le poids de l’enfant mais également de son sexe et de son âge ces données établiront les limites du surpoids voire de l’obésité.
Néanmoins, la définition du poids idéal pour l’enfant n’est pas toujours aisé. A noter que la plupart des obésités s’installent souvent très tôt (entre 2 et 6 ans). Aussi, il est important de tenir la courbe IMC à jour dans le carnet de santé et de se référer aux conseils du médecin.
Manger mieux, bouger plus
A l'instar de l’obésité qui s’installe très tôt, la prévention pourrait commencer avant la naissance. Puisqu’il existe souvent une corrélation entre le poids de la femme enceinte et celui du bébé à la naissance, une surveillance du poids et la maîtrise du comportement alimentaire pendant la grossesse serait déjà un facteur déterminant. Par ailleurs, d’après de nombreuses études, un bébé nourri au lait maternel pèse en moyenne 500 grammes de moins pour une taille identique que ceux nourris au biberon.
La prévention, reste ensuite déterminante tout au long de la croissance et ce jusqu’à l’adolescence. Outre ce que l’on mange, c’est également l’éducation du goût et des habitudes alimentaires qui est en jeu. La manière de faire les courses, de cuisiner, l’heure et la fréquence des repas sont des éléments qui constituent un capital que chaque enfant reproduira tout au long de sa vie. Dans les grandes lignes, manger mieux consiste à éviter les grignotages intempestifs et la surconsommation de sucre rapides ou de graisses saturées. Si les quantités absorbées sont souvent identiques, les enfants ont un penchant naturel pour les aliments trop riches en graisses et en sucres, qu’ils consomment en dehors des heures de repas.
Limiter la sédentarité est également un atout de poids contre l’obésité. Il est important de favoriser les déplacements à pieds, d’inciter les enfants à pratiquer un sport adapté à leurs goûts personnels et de privilégier les jeux de plein air (vélo, rollers…). Les jeux vidéo et la télévision ne sont pas recommandés. D’autant qu’un rapport de l’OMS (Régime nutrition et la prévention des maladies chroniques, 2003) établit un lien entre les démarches marketing de l’industrie agroalimentaire et la prévalence croissante de l’obésité chez l’enfant.
Ainsi, le bon réflexe consisterait peut-être à stimuler au plus tôt l’esprit critique des chérubins face aux techniques marketing et aux sirènes de la pub ?


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