S'il est bien connu que la consommation d'aliments très salés provoque la soif, on sait aujourd'hui que chez l'adulte, un régime trop élevé en sel tend à augmenter la consommation de boissons gazeuses sucrées. En Grande Bretagne, des chercheurs ont mis en exergue le fait que ces effets étaient également valables pour les enfants, encourant tout autant le risque de voir se développer des maladies cardiovasculaires.
L'université St Georges de Londres a examiné ces données sur un échantillon de 1600 enfants âgés de 4 à 18 ans et a constaté que ceux qui ont suivis un régime très riche en sel boivent des boissons plus sucrées faisant grossir.
Lorsque les enfants consomment régulièrement des aliments salés suivis de boissons caloriques sucrées, ceci peut causer des troubles pour leur future santé. Selon une étude réalisée par l'Institut de veille sanitaire INVS, réalisée en 2006-2007, on constate en France une prévalence de l'obésité chez les enfants de 3 à 17 ans de 3,5% et celle de surpoids de 14,3% identique chez les garçons et les filles.
D'autres pays sont également touchés par ce phénomène, en effet, un enfant sur cinq est obèse au Royaume-Uni. Il est à craindre que ces données contribuent à une tendance à la hausse de l'obésité des adultes, et favorisent alors les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux (A.V.C.) au cours des prochaines années.
La recherche a estimé que si les enfants réduisaient de moitié l'apport en sel -soit une réduction moyenne de trois grammes par jour-, ils consommeraient deux boissons gazeuses sucrées (soit 250 calories) en moins par semaine.
Une réduction de la teneur en sel de 10-20% passerait inaperçue au goût et contribuerait grandement à réduire le besoin de liquide subséquent.
Le Professeur Graham Mc Gregor, Président du CASH (Consensus Action on Salt And Health) s'exprimant à ce sujet explique que : « Malheureusement, certains aliments spécialement destinés aux enfants doivent être imbibés de sel, sans quoi ils seraient immangeables, car il s'agit de méthode du type des viandes recouvertes mécaniquement. » Le degré de sel dans certains de ces produits a été pratiquement porté jusqu'à celui mesuré dans l'eau de mer. Mc Gregor ne vise aucun produit alimentaire en particulier, mais déclare : « Une preuve en cache une autre, manger trop de sel est alarmant pour la santé des enfants, alors que des fabricants ont pris des mesures pour réduire le niveau de sel contenu dans le pain et les céréales -l a principale source de sel pour les enfants -, l'industrie alimentaire a encore beaucoup à faire en cette matière.
Le porte parole de la BHF (British Heart Foundation) demande fermement à l'industrie alimentaire de réduire la teneur en sel des produits, et apporter des améliorations quant à l'étiquetage des aliments afin d'aider les parents dans le choix d'aliments plus sains. Une demande a été également formulée auprès des parents pour qu'ils s'assurent de la teneur en sel des repas des enfants, et réduire ou éliminer le sel pendant la cuisson des aliments.
Ces études démontrent une fois encore combien les enfants ont besoin d'un soutien parental pour les guider vers des choix alimentaires plus sains, éviter qu'ils deviennent obèses durant l'enfance et ainsi accroître le risque d'être atteints de maladies cardiovasculaires à l'âge adulte.
Cette lutte contre l'obésité infantile semble mobiliser fortement les autorités publiques, qui n'hésitent pas à prendre des mesures en amont sur les produits. En France, la Ministre actuelle de la Santé, Roselyne Bachelot-Narquin semble s'inscrire dans cette lignée, en signalant dans un dossier de presse consacré à la Nutrition et Obésité en date du 04 février 2008, la mise en place prochaine d'un Observatoire de la qualité alimentaire (OQALI), dont l'objectif sera selon elle, de « suivre l'évolution de la qualité de l'offre alimentaire sur les plans nutritionnel et socio-économique ».


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