Le mariage, cet instant mémorable durant lequel les reluisants anneaux fondés de tant d'espoirs et d'économies s'échangent devant l'autel, ne peut par nature offrir la garantie future d’une vie pleine de bonheur.
Il est étonnant pour un juriste que le mariage qui n'est autre qu'un contrat ,oblige autant et n’offre pas en contrepartie de solides garanties.
Les parties quant à elle, semblent se résigner, et ceci, sans s’interroger sur la lésion manifeste qui s’inscrit en filigrane dans ce lien censé, au regard de préceptes divins, perdurer, « pour le meilleur et pour le pire »
Lorsque le meilleur arrive, le mariage pourrait bel et bien préserver la santé des conjoints par rapport à leurs amis célibataires.
Les personnes engagées dans des relations conjugales, lorsque celles-ci sont de bonne qualité et de bonne fidélité, vivent plus longtemps et présentent de faibles risques de succomber à une maladie cardiaque, un cancer ou autres fléaux actuels de notre société.
Les maris et leurs coquettes épouses qui s’épanouissent dans une vie maritale pleine de joie, souffrent moins de maux de dos, maux de tête, de graves troubles psychologiques et sont moins sujets à la dépression par rapport aux fervents partisans du célibat.
Cependant, selon les chercheurs, lorsque le mariage traverse le pire et en un mot se brise, soit par le décès ou par le divorce de deux êtres, qui, lorsque, évitant avec adresse, les grains de riz sur le parvis de l’Eglise, avaient préjugé un peu trop hâtivement de leur entente et bonheur, celui-ci peut s’avérer fatal pour la santé.
En effet, une nouvelle étude, dont les conclusions sont à paraître dans le numéro de Septembre de la revue de Health and Social Behavior, montre que les effets d’un divorce peuvent être traumatisants au point de ne pouvoir être rétablis par un nouveau mariage venant conjurer le sort du premier.
Pour tenter de déterminer la portée de la rupture amoureuse, Linda Waite, sociologue, directeur de l'Université de Chicago, du Centre sur le vieillissement, et collègue de Mary Elizabeth Hughes, de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, a examiné une étude interrogeant des américains depuis 1992, âgés de 51 à 61 ans.
Les questionnaires ont été adressés à un échantillon de 8.652 personnes, les statistiques ont été ajustées afin de tenir compte de facteurs pouvant fausser les résultats, tels que l’origine ethnique et le sexe.
Il ressort de cette enquête sociologique, que les personnes ayant subi une séparation, un divorce, ou bien la mort de leur conjoint encourent 20 pour cent de risque de plus d’être atteints de maladies chroniques, (maladies cardiaques, diabète, cancer), et 23 pour cent de plus de risque de connaitre une affection qui limite leur mobilité, (la difficulté à monter les escaliers, marcher, se déplacer) comparativement aux personnes mariées.
Par ailleurs, les personnes qui se remarient réduisent quant à elles certains des effets négatifs sur la santé, provoqués par la séparation, le divorce ou la mort du conjoint, mais connaissent toutefois une tendance globale à être en moins bonne santé que celle qui profitent d’un mariage durable.
"La rupture d'un mariage, le veuvage ou encore le divorce sont extrêmement stressants», ajoute Waite. Ces évènements sonts souvent éprouvants sur le plan pécuniaire d’une part, et sont d’autre part difficiles à surmonter sur le plan social.
Force est de noter par ailleurs que les personnes qui ont divorcées, se sont séparées ou ont subi la perte prématurée de leur moitié, en présentent encore les stigmates longtemps après.
Les individus qui décident de ne pas s’unir à nouveau suite à un divorce ou au décès de leur conjoint sont les grands perdants et présentent des données encore plus alarmantes pour la santé que les personnes qui ne se sont jamais mariées.
A l’occasion de recherches antérieures, Waite avait déjà exposé que fondamentalement, le mariage procure un large éventail d'avantages économiques et émotionnels auprès des couples.
La nouvelle étude qu’elle présente aujourd’hui, analyse d’autres paramètres inhérents au mariage et à l’union matrimoniale en général. Concrètement, ses travaux de recherches s’interrogent sur le point de savoir quelles sont les conséquences physiques de la rupture du couple: la pression artérielle augmenterait-t-elle après un divorce? Est-ce que les habitudes alimentaires se dégradent après avoir rompu?
L’acteur Anthony Quin qui incarnait Quasimodo et se laissa fictivement mourir pour la belle Esméralda dans Notre Dame de Paris, film réalisé en 1956 par Jean Delannoy, a peut être inspiré les chercheurs et sociologues contemporains.
En effet, des recherches ont déjà mis en exergue le syndrome du cœur brisé ou chagrin d’amour suite au décès du conjoint pour le conjoint survivant, qui perd l’envie de vivre et a tendance à s’isoler. Les veufs (ves) sont plus vulnérables à toutes sortes d'agents infectieux, leur système immunitaire ne fonctionne pas correctement et, peuvent mourir plus rapidement.
Dans la Mort des pauvres, poème écrit par Charles Baudelaire que l’on retrouve dans le non-moins célèbre recueil de poésie les Fleurs du Mal (1857), la mort est vécue comme un soulagement pour les plus démunis.
D’autres auteurs, préfèrent ériger la mort au rang de consécration, voire de postérité accordées a posteriori ou plutôt à titre posthume et assimilent la mort à la reconnaissance de choses qui étaient indûment reconnues du vivant du sujet.
Appliquées au couple, la prose de Baudelaire et les maximes de ces quelques auteurs issus du courant de pensée positivisite, ou pour le moins utopiques, suggèrent que la rupture, est tantôt un soulagement, tantôt une forme d’immortalité gratifiante.
Il est toutefois chose ardue, que tenter de convaincre sa ou son bien-aimé(e), qu’elle (/il) fût épicurien ou non, en expliquant qu’un avis de décès ou bien une rupture, pourrait consacrer la plénitude de leur union.
L’auteur de l’étude, Waite, précise que le lien entre la rupture du couple et la dégradation de l’état de santé d’un individu n’est pas clairement établi.
Pour rester en bonne santé, il n’est donc de valeur plus sûre, que celle d’adopter une bonne hygiène de vie et pratiquer avec plaisir votre activité physique favorite.
Retrouvez dans les colonnes d'HealthNews, l'intégralité de l'actualité scientifique de la sexualité et de la santé
Photo: Helmutt Newton David Lynch & Isabella Rosselini


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