Un nouvel espoir pour arrêter la prise de cocaïne:
Une étude soutenue par l'Institut national sur l'abus des drogues, membre du "National Institutes of Health", et publiée dans le numéro 25 du mois de Mai 2008 de la revue Nature, a mis en avant une des raisons pour lesquelles les toxicomanes éprouvent des difficultés à se libérer de leur dépendance à la cocaïne, même au terme d'une longue abstention: le manque de cocaïne ne diminue pas, mais s'intensifie après les 60 premiers jours suivant la décision de sevrage. Ce qui explique notamment pourquoi le risque de rechute est particulièrement élevé.
Les effets de l'absence de prise de cocaïne sur les récepteurs du glutamate de type AMPA:
Grâce à la recherche dans ce domaine, les scientifiques ont fait une découverte qui pourrait aider à accompagner les toxicomanes engagés dans un processus de sevrage, grâce à des médicaments capables de réduire le risque de rechute. Réalisée sur des cobayes, cette étude a permis au principal chercheur, M. Marina E. Wolf, maître de conférences en neurosciences à l'Université de médecine et des sciences Rosalind Franklin dans le Nord de Chicago, d'établir qu'après de longues périodes forcées d'absence de prise de cocaïne, apparaissaient une nette augmentation et un changement dans la composition de certaines protéines, appelées récepteurs de glutamate de type AMPA. Cela se produit dans une zone du cerveau où se situent les sensations de satisfaction et de motivation des personnes, encore appelée "circuit de la récompense".
Les chercheurs ont constaté que ces nouveaux et abondants récepteurs
provoquaient alors une intense stimulation de cette aire cérébrale, plus intense
que celle provoquée par les récepteurs normaux. En raison de leur nombre et de la région du cerveau dans laquelle ils sont actifs, ils provoquent une sorte de renaissance et, par conséquent, intensifient les signaux liés à la cocaïne. Des souvenirs de personnes, de lieux viennent alors "hanter" les toxicomanes au cours de la désintoxication.
Des médicaments pour réduire la sensation de manque de drogue:
L'équipe de chercheurs dirigée par le Dr Wolf sait aujourd'hui comment bloquer ces récepteurs chez les cobayes afin de réduire sensiblement le signal que provoque le manque de drogue. Les chercheurs estiment qu'ils peuvent mettre au point des médicaments capables de bloquer ces récepteurs, et donc le manque ressenti par les toxicomanes, sans interférer avec les récepteurs glutamate de type AMPA indispensables pour les fonctions mentales telles que l'apprentissage et la mémoire.


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