Soin de la peau

Tatouages éphémères, temporaires, semi-permanents: quid des risques d'allergie cutanée?

By: Shana Maniante
Published: Lundi, 4 août 2008
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A l'heure de la plage, du soleil et des maillots de bains colorés, beaucoup d'entre nous sont certainement tentés de parachever cette ambiance emprunte d'exotisme en arborant un tatouage sur une peau joliment dorée. Au creux des reins, sur la cheville, la main ou bien jaillissant du sillon de votre décolleté, le choix des méthodes de tatouages éphémères qui sont aujourd'hui proposées tend à devenir aussi varié que les endroits sur lesquels nous pouvons l'apposer. Si le tatouage a depuis longtemps mauvaise presse en raison du caractère définitif qui l'entoure, certains tatoueurs se targuent de pouvoir y remédier en vous faisant découvrir la notion de "tatouages éphémères". Celà étant, si l'idée de pouvoir gommer ce qui était indélébile peut paraitre attirante, un récent avis émis par l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé peut venir contrarier les traits de cette esquisse. Selon Nedjwa-Hanène Abbadi, chargée de la cosmétovigilance auprès de l'AFSAPPS, les tatouages éphémères ne sont pas inoffensifs pour la santé de votre peau. Le coupable: le paraphénylènediamine (PPD), une substance utilisée dans le henné noir afin d'obtenir une teinte plus foncée, uniformiser les contours des piqures et favoriser un séchage plus rapide du tatouage.
Coupable certes, mais loin d'être inconnu de l'industrie cosmétique, non plus que d'autres fabricants de produits utilisés couramment par les consommateurs, le PPD est également présent dans les produits de teinture et coloration pour cheveux, les anesthésiques locaux, les tissus de vêtements de couleur noire et certaines variétés de caoutchoux. Cependant, l'utilisation du PPD est autorisée pour les produits sus-cités, car ces derniers sont soumis à une réglementation prévoyant la quantité maximale qui peut être intégrée, prenons l'exemple des colorations capillaires qui peuvent contenir jusqu'à 6% de PPD sans demeurer illégales. Plusieurs cas d'eczéma, de démangeaisons et d'hospitalisations de personnes qui avaient effectuées un tatouage temporaire à base de henné noir ont été rapportées, ce qui a permis aux autorités sanitaires françaises, de mettre en exergue le caractère allergène d'un dosage excessif de PPD dans l'encre utilisée par les tatoueurs et par là-même prévenir (a posteriori?) les consommateurs.

Les manifestations du surdosage se matérialisent par une réaction pouvant durer plusieurs jours voir plusieurs semaines et peuvent provoquer selon les termes de Mme Abbadi "un risque d'induction de sensibilisation par une molécule". De quoi porter son choix vers d'autres techniques de tatouages.

Ouvrons les portes d'un cabinet d'esthétique qui, de par la nature de son activité, se doit selon nous d'offrir une méthode de tatouage conjuguant le souci de protéger notre peau et de nous rendre plus beau. Forts de notre bonne intention, la découverte du "tatouage semi-permanent à base d'encre bio" sur la carte des soins dispensés dans de nombreux centres esthétiques aurait presque pu asseoir nos préjugements de garantie et soulager nos craintes, si nous n'avions pas constater ensuite que les explications fournies pour détailler la composition des produits souffraient en réalité d'un manque d'exhaustivité manifeste. Apprenant que le tatouage semi-permanent disparait en effet comme annoncé au bout de trois à quatre ans, peut aussi s'estomper de manière non-uniforme, laisser des traces, et passer lorsque le tatouage était coloré, pour finalement se transformer en tatouage définitif dans le but de recouvrir les piqûres échinées d'un dessin qui était censé nous réjouir, nous nous sommes finalement tourner vers des méthodes certes moins élaborées, mais pourvues toutefois d'un gage de sécurité.

Certains pourront se remémorer des souvenirs d'enfance, des images tant espérées lorsque nous déchirions hâtivement et sans précaution l'emballage de chewing gums plutôt "musclés", d'autres y verront un manque de qualité et une durée trop réduite, mais les tattoos de type décalcomanie semblent être à ce jour le moyen le plus sûr de profiter de façon éphémère des talents d'un dessinateur sur la peau. Détourner l'usage de l'eye-liner dont la palette de couleurs ne se cantonne plus uniquement aujourd'hui au noir profond et au marron-orangé peut également s'inscrire dans l'éventail des tatouages éphémères inoffensifs, tout en restant finalement un produit de beauté, qui au même titre que le hénné, nous provient de la culture orientale, dont la renommée en matière d'"astuces beauté" n'est plus à plaider...